"La réciprocité : dimensions théologiques, juridiques et autres" - sous la direction de Christine Mengès-Le Pape

du 20 mai 2019 au 20 juin 2019

Ouvrage disponible et en vente à l'IFR
Site de la Manufacture, bureau MI 104, 21 allée de Brienne, 31000 Toulouse

Après avoir interrogé - lors du colloque 2015 - le principe de justice distributive, une suite peut être donnée, celle de la réciprocité qui trouve ses origines à la fois dans les traditions religieuses mais également chez les philosophes et les jurisconsultes depuis l’Antiquité.

Pour se faire proportionnelle, la justice ne semble pouvoir aller sans la réciprocité. Selon les théologiens et les juristes, la notion contient le principe de l’équivalence des échanges et du respect mutuel des conventions, elle dirige vers la philia. Il y a ici l’idée d'un retour d’amitié qui pourrait embrasser les relations entre États, religions et particuliers. Dans cette vision qui rapproche de la responsabilité et mène jusqu’à la réparation, voire la solidarité, on peut voir la part des sources sacrées : le Livre de Jérémie invite à pratiquer « la justice envers les uns et les autres,… ». C’est ensuite le verset évangélique devenu règle d'or : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes ». La tradition islamique propose aussi une réciprocité entre frères. De leurs côtés, les juristes ont emprunté aux Grecs les accords réciproques, les synallagma, assortis à la notion de bona fides. La réciprocité semble pouvoir recouvrir toutes les relations inégales ou égales. On se rappelle ici des Homélies sur la richesse de Basile le Grand, « Dieu doit-il être accusé d’injustice pour avoir inégalement réparti les biens? Tu es dans l’abondance, ton voisin est réduit à mendier, pourquoi cela? Pour que tous les deux vous acquériez des mérites ». Au début du XIe siècle, une image proche est donnée par l’évêque Gérard de Cambrai pour expliquer la tripartition : « chacun des trois est réchauffé à droite et à gauche par les deux autres ». Plus tard, le Dictionnaire de Furetières rappela combien « la société des hommes est établie pour se donner un secours réciproque. Il y a des devoirs réciproques entre le Roi et les sujets, le père et les enfants, le mari et la femme. [...] Notre propre raison nous engage à plusieurs devoirs réciproques ».

À travers l’histoire fut ainsi livrée la formule « qui donne, reçoit ». On la trouve appliquée au Prince dans la fable Des membres et de l’estomac. En temps de crise, lorsque les ruptures menacent, ces relations réciproques ont pu paraître abîmées par l’individualisme et le matérialisme ambiants qui ont imprégné les conceptions spirituelles, juridiques, économiques et autres. La réciprocité d’amitié a pu se faire exception. Dès lors, face aux éloignements de cet ordre naturel qui porte normalement vers les autres, peut s’ouvrir un dialogue situé entre donner et recevoir, vers la gratuité et l'asymétrie.
 
Sous la direction de Christine Mengès-Le Pape, Professeur à l'Université Toulouse 1 Capitole

Prix de vente : 40 €
 
Partenaires :
Editeur : Presses de l'Université Toulouse 1 Capitole
Références : ISBN : 978-2-36170-189-5   
Source : Format 16 x 24 cm, 658 pages
Contact :
Anne Blandin :
Mis à jour le 5 juin 2019