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Des visiteurs à bagage intellectuel : les étudiants étrangers de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle*

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    Depuis quelques années un certain nombre de chercheurs un peu partout en Europe se penchent sur les migrations étudiantes : A. Andreev et A. E. Ivanov à Moscou, A. de Boor, H. R. Gazer, I. Manitz, H. Rüdiger et M. Klotzche à Halle, A. Cammelli à Bologne, V. Karady à Budapest, N. Tikhonov à Genève et en France, les époux Gouzévitch, A. Latreche, P. Moulinier, Cl. Weill, J. Gueslin, N. Manitakis... Ces universitaires ont confronté leurs travaux dans deux colloques majeurs en décembre 2000 et en novembre 2001 et ont donné aux actes qui les ont suivis un très joli titre : Les universités : des ponts à travers l'Europe. Cette figure exprime parfaitement combien les établissements d'enseignement supérieur qui ont accueilli ces migrants particuliers incarnent des connexions et des transitions précieuses entre les personnes et les idées, mais aussi à quel point les migrations étudiantes se trouvent au centre de multiples thématiques de recherche : histoire des migrations bien sûr, mais aussi des élites, de la jeunesse, de la culture et de la science, histoire politique et religieuse, histoire coloniale, histoire de la sociabilité, etc.

    Toulouse n'est pas restée à l'écart de ces grandes pérégrinations internationales. La capitale languedocienne ouvre les portes de ses facultés et de ses écoles depuis des siècles et l'on sait depuis les travaux passionnants de Colette Zitnicki (Université de Toulouse-Le Mirail) sur les étudiants russes à Toulouse combien la présence des étudiants étrangers a pu être massive dans certains établissements. La ville ne s'est pas contentée de recevoir passivement ces migrants venus des quatre coins du globe ; elle a très tôt tenté d'organiser au mieux l'accueil des étudiants étrangers. Ainsi en 1892 une Société de patronage des étudiants étrangers et coloniaux est fondée, chapeautée par les collectivités territoriales de l'époque (marie, conseil général, préfecture) et animée par des professeurs d'université. Son objectif était de "créer pour eux dans notre ville comme une seconde famille", de "faciliter pour leurs parents les moyens de renseignements", de "faire connaître les ressources nombreuses et de premier ordre qu'offre notre ville au point de vue des divers enseignements" et "d'en faire profiter sans distinction de nationalité tous ceux qui veulent se perfectionner dans la culture des sciences, de la littérature et des arts". Les similitudes d'objectifs avec l'actuel Pôle universitaire européen de Toulouse témoignent une certaine continuité dans la tradition d'accueil des étudiants étrangers.

    J'ai voulu à mon tour remonter le temps, du début du XIXe siècle à la fin de la deuxième Guerre mondiale, et suivre la trace de ces cohortes de jeunes gens (accompagnés de quelques jeunes femmes) arrivés de toute l'Europe dans les universités et les écoles toulousaines, comprendre ce qui a motivé leur voyage, savoir qui ils étaient, tenter de visualiser leur vie dans notre ville, chercher ce qu'ils étaient devenus, etc.
    Vaste projet qui s'est immédiatement heurté au problème de la disponibilité des sources puisque les archives des établissements d'enseignement supérieur ne font que trop rarement l'objet d'un traitement archivistique (les fonds déposés aux archives départementales exceptés). C'est donc avec soulagement et gourmandise (si l'on me passe l'expression) que je me suis dirigée vers le tout nouveau service Archives de l'Université des Sciences Sociales. J'y ai trouvé des fonds d'une exceptionnelle richesse, dans un état de conservation excellent qui autorise des études assez exhaustives sur un certain nombre de points.
    L'inventaire limpide et précis élaboré par les archivistes rend bien compte de la qualité des documents aujourd'hui accessibles aux chercheurs. J'ajoute, et ce n'est pas le moins important, que le responsable de ces Archives, le professeur Philippe Delvit, l'archiviste, Hélène Gay, ainsi que le personnel de la bibliothèque d'histoire du droit qui reçoit les lecteurs, accompagnent parfaitement les démarches de recherche par un professionnalisme et une disponibilité sans faille.


Caroline Barrera
Centre universitaire Jean-François Champollion (Albi)
Membre associée de FRAMESPA (UMR CNRS/Université de Toulouse II)
Administratrice de la fédération historique de Midi-Pyrénées

Mission Archives

Mise à jour le 14 janvier 2013


Contact de l'Université : 05 61 63 35 00

L'Université Toulouse Capitole (UT Capitole) est un pôle d'excellence international d'enseignement et de recherche en droit, économie et gestion. Elle est fière de compter le Prix Nobel d’économie 2014, Jean Tirole, parmi ses enseignants-chercheurs. En 2012, la Commission européenne lui a attribué le label Centre d’excellence Jean-Monnet.

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