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Quel est ce pupitre ?

Lutrin offert par les Compagnons du Devoir.

En 2015, les Compagnons du Devoir faisaient cadeau de l'une des réalisations issues de leur traditionnel concours du Tour de France à l'Université Toulouse 1 Capitole. Un geste de remerciement à l'établissement qui les avait accueillis dans ses murs, du 14 au 16 mai en étape de ce Tour annuel, pour leur 61e Congrès.


L'œuvre trône depuis 2017 à l'entrée du bâtiment de l'Arsenal. 1 mètre de large, 1 mètre de haut, fait d'acier sculpté, ce pupitre sur pied, dit « lutrin », est l'une des créations réalisées dans le cadre du concours annuel de Ferronnerie des Compagnons serruriers-métalliers. C'est surtout l'histoire d'une rencontre : celle de l'excellence du travail manuel et de l'excellence du travail intellectuel sur le campus de l'université en 2015.


Que fait un Compagnon serrurier-métallier quand il rencontre un universitaire ? Il fait un lutrin... Un meuble à pupitre destiné à supporter les livres ouverts, pour en faciliter la lecture, surtout lorsqu'ils sont volumineux. En 2015, les Compagnons du Devoir faisaient cadeau de l'une des réalisations issues de leur traditionnel concours du Tour de France à l'Université Toulouse Capitole. Un geste de remerciement à l'établissement qui les avait accueillis dans ses murs, du 14 au 16 mai en étape de ce Tour annuel, pour leur 61éme Congrès.
 
Si, à chaque congrès, les jeunes en formation sont invités à concourir entre eux autour d'une thématique, le choix du pupitre cette année là n'est pas dû au hasard. « Je trouvais sympathique d'associer à notre congrès les gens qui nous accueillaient », se souvient Jacques Olivier, compagnon au sein de la société Métal Bronze System, et responsable cette année là de l'organisation du congrès. C'est donc son idée, proposée quelques mois plus tôt, qui a été retenue pour le concours de Ferronnerie 2015 : « le Pupitre de conférence ».
 
Une œuvre symbolique du rapprochement
du travail manuel et du travail intellectuel

 
Réalisé par les compagnons d'Angers, le lutrin, exposé aujourd'hui dans le Grand Hall de l'Arsenal, a été choisi par le président de l'époque, Bruno Sire, parmi 11 créations. Celles-ci avaient été réalisées par une cinquantaine de compagnons de 17 à 23 ans, réunis en équipe pour faire concourir leur ville, pièces qui avaient été exposées - et notées - dans ce même hall le dernier jour du congrès.

Si le lutrin n'a pas fini premier au regard des critères, notamment techniques, définis pour le concours, il est réellement une œuvre au regard du travail effectué. La pièce, faite essentiellement d'acier patiné, propose un ensemble de feuilles sculptées sur le pied, rappelant la relation de tout temps de l'homme au règne végétal mais aussi au métal, et un décor symbolisant le rapport de l'homme à la main. Ainsi, elle répondait à plusieurs exigences du défi, parmi lesquelles figurait celle, notable, de symboliser le rapprochement du travail de la matière avec la main, donc les compétences développées par les compagnons, avec le travail intellectuel évoquant de son côté celui des universitaires. « La rencontre de la tête et des mains, mais aussi le rapprochement de l'excellence universitaire avec celle des compagnons », résume Jacques Olivier.

Pour mettre cette œuvre en valeur, la Présidente de l’Université, Corinne Mascala, a décidé de l’exposer dans le hall principal.
 
Mobilisation de tout un savoir-faire en fin de formation
 

Pour cette réalisation, « choisie d'abord pour ses qualités esthétiques et sa commodité » par le président de l'époque, c'est tout le savoir-faire acquis lors de leur formation, et juste avant leur intronisation en tant que compagnons, que les 11 équipes en lice ont mobilisé. Un savoir-faire étendu, puisque de « serrurier » au départ cette profession s'est ensuite attachée à « dompter » le métal dans quatre autres spécialités : la réalisation d'ouvrages légers destinés au bâtiment comme les rampes d'escalier, les clôtures, les auvents, la construction métallique de grands ouvrages (ossatures de bâtiments, grands pylônes et même plate-formes de forage en mer), la menuiserie métallique (portes, fenêtres, éléments de garnissage de façade en aluminium ou en acier), l'agencement et la décoration, et la ferronnerie d'art, l'ouvrier se transformant ainsi en artiste pour créer de belles œuvres de fer forgé, grilles portails, sculptures...

Chaque année, le congrès fait escale dans une ville différente. Cette année là, l'université avait accueilli environ 200 jeunes en formation, ainsi qu'une centaine de compagnons dirigeants d'entreprises. Qui se sont rencontrés notamment pour débattre autour de la formation et de l'évolution des techniques.

 Une nouvelle étape sur Toulouse pourrait bien être organisée en 2025. Et si l'université était à nouveau hôtesse de ce rendez-vous, reste à imaginer ce que pourrait bien être la nouvelle œuvre à réaliser pour l'occasion...

 
Camille Pons
Journaliste