Portrait du Professeur Yvette Rachel Kalieu Elongo, enseignante de droit privé à l’Université de Dschang, spécialiste en droit des affaires

Portrait de Yvette Kalieu
Spécialiste en droit des affaires depuis presque 30 ans, la professeure Madame Kalieu Elongo a passé une semaine à l’Université Toulouse Capitole en janvier 2026. Focus sur son expérience de mobilité internationale dans le cadre du projet Cap’Cameroun, financé par ERASMUS + et l’Union Européenne.

Une carrière édifiante, un parcours riche, de nombreux encadrements de thèses, communications, ouvrages publiés… Ces éléments impressionnent, mais pour saisir le facteur qui donne un « plus » à Madame Kalieu, il faut se pencher sur sa démarche plutôt que sur ses acquis.

Éternelle apprenante

 
C’est à Montpellier que le Professeur Kalieu soutient sa thèse en 1995, « Les garanties conventionnelles du fournisseur de crédit en droit camerounais », sous la direction du Professeur Jean CALAIS-AULOY, fondateur du droit de la consommation en France. Plutôt qu’un point final, cette thèse marque un début. Au fil de sa carrière, ses intérêts se développent et ses champs de compétences s’élargissent. C’est notamment par l’obtention d’un DEA (Diplôme d’Études Approfondies, aujourd’hui appelé Master Recherche) en Droit Privé et un autre en Droit de la Consommation que l’apprentissage se poursuit chez Madame Kalieu. Au fil des rencontres avec d’autres spécialistes et des invitations à enseigner dans différentes Universités, un intérêt pour les disciplines du Droit OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) se développe. Après presque trente années de carrière, c’est une véritable vision globale qui est acquise.

« S’il y a des champs que j’ai développés, c’est parce que je m’y suis intéressée, ça ne va pas de soi. Je suis très souvent en train de chercher à connaître, à apprendre. »

Dans cette quête de savoirs et de connaissances, la liste des sujets à approfondir est longue. Ses prochaines disciplines d’intérêt ? Le blanchiment des capitaux, les risques de conformité, la compliance, mais aussi le droit de l’arbitrage et le droit de la médiation. C’est ambitieux, mais c’est précisément cette ambition qui l’a menée là où elle est aujourd’hui.

« Je n’avais jamais pris part à une mobilité ERASMUS. Je me suis dit, pourquoi pas tenter l’aventure et voir à quoi ça ressemble. »

À Toulouse, c’est le droit de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) que madame Kalieu a introduit aux étudiants qui ont reçu son enseignement. Ce domaine, que les étudiants français ne sont pas amenés à côtoyer au quotidien, frappe par ses rapprochements au droit bancaire français et européen. Dans un contexte d’internationalisation et de transformation à tous niveaux de la société, les interventions de Madame Kalieu sont une fenêtre ouverte bienvenue sur le droit de la CEMAC, dont il serait dommage de ne pas se saisir.

« La mobilité, c’est une belle expérience qui permet de découvrir d’autres réalité et d’apporter sa pierre au savoir parce que finalement, le savoir est universel. »

Partir en mobilité internationale, une expérience à recommander ? Sans aucun doute : ouverture d’esprit, interactions avec des acteurs qui ne se croisent pas autrement, connaissances décuplées… Dans un monde ou « l’information et les connaissances sont la base de tout », le moyen le plus rapide (et peut-être le plus enrichissant) est encore d’aller à la rencontre d’environnements différents. Pour madame Kalieu, les espaces francophones ont tout intérêt à multiplier ce type d’échanges, tant pour les enseignants que pour les étudiants.

« Des échanges plus réguliers […] pourraient permettre de se rendre compte qu’en réalité, finalement, ce qui nous différencie est peut-être plus faible que ce qui nous unit. »

Le conseil à retenir, pour les étudiants : faire preuve de beaucoup d’ouverture. Porter attention aux choses qui a priori, ne concernent pas leurs études mais qui, demain, pourraient faire la différence. Questions de conformité ou de concurrence, changements climatiques, économiques… Pour suivre et comprendre l’évolution de la société, il faut s’intéresser à ces sujets cruciaux dès que l’occasion se présente.

 

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