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La vieille salle des Thèses de la Faculté de droit

Patrimoine, Un espace disparu…

Elle occupe une partie du rez-de-chaussée de la « Vieille Fac ». Ses fenêtres ouvrent sur la galerie couverte et vitrée comme on les aimait à la fin du XIXe siècle : fine colonnes de fonte ; large espace abrité permettant promenade, discussion et-peut-être- controverses juridiques ; jardin arboré en cœur de ville pour faire quelques pas.

Le local de la primitive salle des Actes existe toujours en 2019, malgré sa désaffectation à partir du moment de la mise en service des bâtiments de l’Arsenal (1971).
Mais il a complètement perdu la sacralité, sans doute désuète à nos yeux, qui était la sienne.
Partagé entre deux espaces de cours banalisés, rien n’indique plus qu’on entrait là dans la salle Antonin Deloume pour y présenter ses thèses, une sorte de couronnement donné par l’Alma mater et ses Maîtres.
Le nom de ce professeur, Antonin Deloume, défenseur inspiré du patrimoine et de l’histoire universitaire de sa ville, avait été donné à ce lieu à la suite d’une décision unanime de l’Assemblée de la Faculté de droit (5 mai 1933).

Antonin Deloume (1836-1911) fit une brillante carrière à Toulouse.
Etudiant distingué de la Faculté, avocat, il y dispense plus tard des cours, en devient le doyen (1900-1906). Très impliqué dans la vie culturelle de la cité, il est l’exécuteur testamentaire de Théodore Ozenne (1814-1898) dont l’action de mécène contribua à illustrer et défendre le patrimoine architectural toulousain.
Le portrait d’Antonin Deloume est accroché sur le côté long du mur de la salle des Actes.
Au-dessous de la toile, le Tableau du personnel de la Faculté de droit depuis son origine, composé par lui à partir de l’Aperçu historique sur la Faculté de droit de Toulouse (1890) sorti de sa plume.

Le Tableau est organisé autour du visage-sévère- de Jacques Cujas, l’une des illustrations de la Faculté dans le lointain XVIe siècle.

A la gauche de ce portrait, un autre Maître en tenue académique, Légion d’honneur arborée comme il se doit. Il s’agit de François Malpel (1765-1849), doyen de 1830 à 1841, un prédécesseur au décanat, une sorte de pont entre le temps d’avant la Révolution, où il avait obtenu ses grades, et celui d’après la Révolution, où il était entré dans la carrière.

C’est donc sous les regards d’Antonin Deloume et de François Malpel que le doctorant se prêtait à l’exercice convenu : la présentation de ses positions de thèse. Il faisait dans l’espace qui lui était dévolu, une petite enceinte de bois.
Adossés au mur et sous la verdure dans le goût du XVIIe siècle prenaient place les trois membres du jury, installé comme il sied sur une estrade solennelle.

Posés chacun sur un socle, à gauche et à droite de l’estrade, deux bustes encadrent ce docte trio à partir des années 1930, et lui donnent leur caution aussi solennelle que muette. 
Ceux de deux autorités de la Faculté, chacune dans sa spécialité et le moment de son époque.

A gauche, la première et la plus ancienne, le professeur Théophile Huc.
Né à Toulouse en 1829, cet étudiant de la Faculté de droit de la ville se tourne d’abord vers le Barreau.
Il enseigne à la Faculté à partir de 1855 ; fait un bout de chemin en politique dans la jeune Troisième République des années 1871-1884.
Préfet de la Haute-Garonne à la fin de 1871, l’année terrible, il devient le premier magistrat élu à la tête de la ville de Toulouse (1882-1884). Il termine dans la magistrature sa vie professionnelle et juridique à Paris.
Nous voyons aisément le lien entre la Faculté, le droit et son exercice dans le service de l’Etat, l’engagement dans la vie édilitaire.

L’autre buste à droite est celui de Maurice Hauriou (1856-1929).
Ou du moins le modèle de plâtre qui permit la fonte du buste de bronze fondu en hommage au Maître reconnu du droit administratif.
Car Maurice Hauriou fut au début du siècle dernier certes le doyen de la Faculté de droit de Toulouse (1906-1926), mais encore et en plus l’une des plumes les plus respectées du droit public de son temps.
Offert à la suite d’une souscription ouverte après son décès, le monument à Maurice Hauriou est posé dans le jardin de la « Vieille Fac » : son buste de bronze en est la pièce essentielle.
Le monument fut inauguré en 1932 en présence de ce qui comptait dans le Toulouse officiel du moment.

Depuis le jardin, le buste du Maître est tourné vers le bâtiment de la Faculté et sa porte à deux battants. Elle livre passage vers la salle du Conseil (la salle Hauriou après la disparition du Maître) et l’escalier d’honneur menant au premier étage.
Un espace symbolique fort.