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Retour sur le WCTR 2026 : des experts du monde entier réunis à UT Capitole pour repenser l’avenir des transports

du 6 juillet 2026 au 10 juillet 2026

Du 6 au 10 juillet, Toulouse School of Economics (TSE) et l'Université Toulouse Capitole ont accueilli la 17ème édition de la Conférence mondiale sur la recherche dans les transports (WCTR). Plus de 1500 participants se sont réunis pendant 4 jours au cœur d'un véritable forum d'échange d'idées entre scientifiques, acteurs économiques, décideurs politiques et enseignants du monde entier.

La World Conference on Transport Research, événement international de référence qui réunit tous les trois ans la communauté mondiale de la recherche en transports, a choisi le campus de l'Université Toulouse Capitole, après plusieurs éditions hors du continent, pour fêter son 50e anniversaire ! Organisée par la Toulouse School of Economics (TSE) et l'UT Capitole, elle a rassemblé des experts du monde entier autour des grands enjeux des transports, de la logistique à l'ingénierie, en passant par les technologies numériques et la recherche opérationnelle.

Capitale européenne de l’aéronautique et de l’aérospatial, mais aussi pôle majeur des mobilités, Toulouse bénéficie d’un écosystème unique, associant recherche académique, acteurs industriels et institutions publiques. Ce contexte territorial incomparable a permis à l’événement de réunir des entités majeures du domaine des transports, comme Airbus, la SNCF ou encore Air France.
 

Retour en images sur le WCTR 2026

 
  • Retour en images sur le WCTR 2026 à UT Capitole
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Crédit photos @UT Capitole - Lydie Lecarpentier
 

Un programme ambitieux : innovations, réflexions et collaborations


Au programme de cette semaine de conférences exceptionnelle : des présentations, des débats et des visites techniques. Plusieurs moments forts ont marqué ce WCTR :
 
  • la Session internationale qui s'est tenue le lundi 6 juillet en présence du Professeur Tae Hoon Oum, président de la World Conference on Transport Research Society (WCTRS), sur le thème "Transport and Supply Chain Policy Responses to the Deglobalizing and Fragmenting World". Cette session était composée de trois conférences intitulées : "Building Resilient Transport Systems", "Deglobalization, Tariffs, and Chokepoints" et "Aviation at a Crossroads: Freedoms of the Air and the Future of Global Connectivity".

  • la Cérémonie d'ouverture qui a lancé officiellement l'événement le mardi 7 juillet avec les interventions du président de la WCTRS, Tae Hoon Oum, du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, de la vice-présidente de la Région Occitanie, Nadia Pellefigue, de l'adjoint au maire de Toulouse en charge des mobilités, Maxime Boyer, du président de l'Université Toulouse Capitole, Hugues Kenfack, de la directrice générale de la Fondation Jean-Jacques Laffont, Karine Van Der Straeten, de la directrice de la Toulouse School of Economics, Victoria Barham, du président du Comité scientifique de la WCTRS, Lórànt Lori Tavasszy, du directeur de la Conférence WCTR 2026, Marc Ivaldi, et du co-secrétaire général de la WCTRS, Giovanni Circella.

  • la Session plénière générale qui a eu lieu le mardi 7 juillet et pendant laquelle sont intervenus Jean Tirole, président honoraire de Toulouse School of Economics, sur le thème "Global Disorder, Industrial Policy, and the Transport Secto", et Moshe Ben-Akiva, professeur au MIT à Cambridge (USA), sur le thème "Transportation Demand: From Prediction to Personalization with Actionable Heterogeneity".

  • les Industrial insights, ces tables rondes parrainées par nos partenaires qui ont eu lieu pendant les pauses déjeuner, sur les thèmes suivants : "Global Air Transport: Can Sustainability and Fair Competition Be Aligned?", "How can urban mobility innovation drive the decarbonisation of our cities?", "Rebalancing Urban Space: Reducing Car Use in Favor of Public Transport and Cycling", "Technological, Industrial and Economic Challenges of Dynamic Charging for Future Mobility", "Can we save the climate without data and the economy?" et "Pioneering Sustainable Mobility: The Strategic Edge of Southern France", en présence de nos partenaires Air France-KLM, EIT Urban Mobility, VINCI, Egis, Transdev et la Région Occitanie.

  • la Session 50e anniversaire, organisée le jeudi 9 juillet, a retracé les grandes avancées de la recherche sur les transports au cours des cinquante dernières années et esquissé les défis à venir. Elle a également mis à l'honneur les lauréats du concours « Manifesto for the Future of Transport Research », invitant les jeunes chercheurs à imaginer, à travers un manifeste et une vidéo, les cinquante prochaines années de la recherche en transport.
Découvrez ci-dessous la vidéo des lauréats du concours « Manifesto for the Future of Transport Research »
 
 

Focus sur les interventions de 4 chercheurs de TSE

 
Quatre chercheurs et chercheuses de TSE sont intervenus durant cette 50e édition du WCTR. Voici leurs impressions sur l'évènement et les recherches qu'ils et elles ont partagé à cette occasion.
 

Selon le prix Nobel 2014, nous sommes aujourd'hui à la fin d'une ère. L'Europe a longtemps prospéré dans un environnement où la sécurité, l'énergie et le commerce international étaient prévisibles. Jean Tirole souligne que « ce monde ne disparaît pas du jour au lendemain, mais ses fondations s'affaiblissent ». La géopolitique redevient centrale, et nos dépendances technologiques deviennent des vulnérabilités.

Selon lui, « l'Europe est absente dans la tech et de plus en plus dans la biotech ». Investissements insuffisants, mauvaise allocation sectorielle, gouvernance trop politique : les frontières de l’IA, de l’autonomie et des chaînes logistiques intelligentes se déplacent vers les États-Unis et la Chine.

Le secteur du transport en particulier entre dans une logique de taxation des émissions, directes ou importées. Des politiques indispensables mais dont Jean Tirole souligne les limites : « Le CBAM vise à éviter les fuites de carbone, mais il ne protège pas les exportateurs européens et est compliqué à mettre en œuvre ». Jean Tirole affirme que les valeurs européennes impliquent, par définition, des choix collectifs dont nous devons reconnaître les exigences et assumer le coût.

La Fondation Jean-Jacques Laffont–TSE est particulièrement heureuse de soutenir le World Conference on Transport Research. Cet événement reflète pleinement les valeurs qui sont au cœur de notre mission : promouvoir une recherche scientifique d'excellence, ouverte sur le monde économique et social et fondée sur le dialogue entre disciplines.

Fidèle à l'héritage de Jean-Jacques Laffont, la Fondation abrite TSE-Partnership, qui développe des partenariats de recherche entre le monde académique et les entreprises, les administrations et les autorités publiques. Nous sommes convaincus que les meilleures recherches sont celles qui sont à l'écoute des besoins de la société tout en préservant une indépendance scientifique totale. Le WCTR illustre parfaitement cette ambition en réunissant chercheurs, industriels et décideurs publics.

La Fondation accueille également l'Institute for Advanced Study in Toulouse (IAST), dont la vocation est de favoriser le dialogue entre disciplines. Face aux grands défis du transport - décarbonation, intelligence artificielle, nouvelles mobilités ou résilience des infrastructures - aucune discipline ne peut, à elle seule, apporter toutes les réponses. Le caractère profondément interdisciplinaire du WCTR, qui rassemble des communautés scientifiques aux expertises complémentaires - notamment des ingénieurs et des économistes, fait ainsi pleinement écho à cette seconde mission de la Fondation.

Frédéric Cherbonnier est intervenu lors du WCTR sur le rôle central de la tarification et des signaux-prix dans la régulation des mobilités. Face au débat sur la gratuité des transports publics, l'économiste nuance l'enthousiasme politique : « Les données montrent que la gratuité n’attire que très peu d’automobilistes ; elle crée surtout de nouveaux déplacements ou s'approprie les usagers de la marche et du vélo, et peut à terme dégrader à la fois les transports publics (bondés) et la situation budgétaire des collectivités territoriales ». Les transports publics doivent rester payants, même si leur prix peut être bien en deçà du coût moyen. Une telle approche est justifiée par l'effet Mohring, où la densité de la demande permet d’accroître la fréquence et la qualité globale du réseau, et explique que les pouvoirs publics subventionnent massivement les transports en commun à travers le monde.

Concernant l'automobile, le défi majeur reste la congestion. L’outil idéal serait de tarifer en fonction de l’usage ; les péages urbains classiques comme celui de Londres pourraient à terme laisser place à des systèmes utilisant le GPS, permettant des tarifications dynamiques à l’image de l'évolution du modèle de Singapour. Reste la question de l’acceptabilité politique et de l’impact de telles taxes sur les inégalités. Ces deux questions sont à traiter distinctement.

Les travaux récents montrent que l’effet sur les inégalités est réduit : l’impact de ces péages urbains dépend moins du revenu des ménages que de leur dépendance effective à la voiture. Dans le cas de Londres, l’effet aurait même été très positif sur les ménages à faible revenu, qui ont bénéficié de la baisse de la congestion sur les routes périphériques non taxées.

En ce qui concerne l’acceptabilité politique, ces mesures font toujours des perdants et des gagnants — on obtient d'ailleurs une majorité de gagnants si le produit de la taxe est redistribué aux ménages. Mais l’idéal, à terme, est de réinvestir les recettes du péage routier pour densifier et moderniser l'offre de transport collectif.

« Le WCTR est un événement de très grande envergure qui couvre l'ensemble du domaine des transports. C'est une conférence qui regroupe des chercheurs aux approches très diverses, mais rassemblés autour d'un thème commun. En tant qu'économiste, je développe des modèles économiques d'équilibre appliqués au transport, ce qui m'amène à aborder le domaine par une porte d'entrée un peu différente. Les autres intervenants ont souvent une connaissance plus fine des réalités du secteur des transports, et le WCTR représente donc une excellente occasion d'enrichir mes connaissances pratiques, en plus de découvrir les questions et les méthodes qui structurent leurs recherches. »

Isis Durrmeyer est intervenue sur la session "Can we save the climate without data and the economy?". Il était question de savoir quelles données existent en transport et comment les exploiter pour comprendre les habitudes de déplacement et prédire l'effet des politiques publiques. Quels liens existe-t-il entre les villes de taille moyenne et les métropoles, et qu'est-ce que cela nous apprend sur le transfert modal ? Que nous apprend l'économie expérimentale sur les stratégies de tarification de la mobilité visant à favoriser ce transfert modal ? À ce sujet, Isis a partagé son expérience de l'utilisation des données d'enquête pour estimer des modèles prédisant les conséquences des péages urbains sur les individus et sur la congestion. Elle a également évoqué les perspectives ouvertes par les données numériques, comme les traces GPS, qui relèvent de ce qu'on appelle les données de mobilité flottante.

Mis à jour le 17 juillet 2026